vendredi 3 mai 2013

Step out for a while


Dis-moi des choses belles. Des choses vraies. Dis-moi que demain ne s’enfuit jamais en oubliant les coeurs qui font de leur mieux. Dis-moi que les mains ne se vident pas de caresses chaudes pour ceux qui ont essayé fort malgré la bousculade des jours et l’amerture des grands enfants.

Dis-moi qu’Istanbul vaux la peine. Que le café turc me consollera. Dis-moi que la peinture blanche rafraichira juillet de son solstice. Que le rosé pétillera encore. Que tout redeviendra bouillonnant.  Et brillant. Et que la pluie sur la rivière m’appaisera. Que le bois vert cachera cent nids de perdix. Et que le fleuve coulera clair.

…Parce que je suis fatiguée. Comme si la vie entière était aujourd’hui. Comme si la terre entière soufflait dans mon univers.

Souffle sur mes ailes. Éteint les feux dans mes manières d’égratignée. Construis-moi une tour dans le Coeur. En béton. en floraisons. En possibles pas encore nés. En demain qui vient.

Dis-moi qu’il y aura des lettres à écrire sur la belle dactylo verte menthe, et du temps doux pour le faire. Dis-moi qu’il y aura les montagnes du Portugal et l’aube sur la pelouse mouillée. Dis-moi qu’il y aura un continent à danser et encore des tartes aux bleuets à cuisiner. Et des livres à lire. Et des histoires pas de punchs à faire, pis des blagues pas drôles à raconter.

Dis-moi que les avions m’attendront encore. Dis-moi qu’on ne peut pas inventer toutes les idées. Que les mots pas dit ont quand même une place et un poids dans la tête des gens.

Dis-moi qu’avant que tout ça arrive et s’imprime sur le ruban du temps, dis-moi de dormir longtemps. Longtemps. Longtemps.

Cent ans peut-être. cent heures surement.

Dis-moi de me reposer. De me déposer. De m’appuyer. 

jeudi 26 juillet 2012

Rock et Bohème...fuck que c'est beau....


James and Aubrey from Geoff Boothby / Landshark on Vimeo.


mercredi 11 juillet 2012

Homa


En ce début d’été, l’air du temps a changé de cap. Le calme au alentour. L’énergie de la bonne humeur. Les beaux contrats de dessin sur des murs de bureau de hipsters pis sur des faces de kids qui veulent se faire maquiller en Murène (?!!!!??). Les plans de vacances gérés à coup de grands Deals Rain Air aléatoires…tant qu’on est jamais allées pis que ça sonne cute, Why not coconut qu’on se dit…. Les week end en Gaspésie à tisser des bracelets, à parler comme des truckers, à faire des concours de tatous de marde comme des fillettes de 14 ans packetées à la Corona, pis à boire du thé chaud dans un chalet presque à la dérive qui sent le feu de camp, le vent piquant, la brume épaisse, le frette du large et l’abandon du reste et du stress devant tant de ciel et d’eau…Simple. Charmant. Précieux.

On a imité la mouette sur la grève pis l’ours polaire dans le St-Laurent. On a mangé des bougots, pis des crevettes de matane pêchées à Sept-îles (je sais, décevant…). On a rien faite de constructif à part se tricoter de l’amitié pis admirer le panorama, pis c’était parfait de même. Pis c’était du Bonheur trempé dans le sel de mer…

Dans le rayon "Sti, C’est beau la vie", y’a maintenant Montréal et ma nouvelle maison. Le Princess Palace A.  Avec l’émail immaculé de la petite salle de bain blanche, les étoiles et les nuages bien au milieu du salon, les vinyles de Mumford and sons et les amis qui boivent des martinis batards sur la terrasse, en contemplant les barbelés de style camp de concentration polonais qu’on tente d’Home Stager à grand coup de cabanes d’oiseaux pastels…et les copines qui le partageront avec moi, deux princesses merveilleuses.

Cette maison-là, en haut de notre tour (Raiponse peut crissement aller se rhabiller avec sa tour de guédaille), elle sentira la fête, le café équitable et les macarons chauds. Elle sonnera l’allemagne, les discussions enflammées, le calme au petit matin et l’osti de bonne musique.

Elle sera le port et l’exil dans le brouhaha de la ville. La riade dans le quartier de paumés. Le lieu qu’il me manquait pour m’ancrer dans la cité. Comme le petit shack à la dérive de la Gaspésie, elle sera un lieu unique où il fera bon décanter la vie. Ce soir, dans l’air chargé d’une pluie douce et sucrée qui vient de l’est, Homa sweet home, depuis le temps que je te cherchais, il me semble que je t’aies enfin trouvé.

dimanche 27 mai 2012

Le vatta du Klima



Heureuse de juin qui naît. Du temps qui fuit tranquille vers les vacances en broche à foin. De la tonne de correction dans le petit bar à café en bois et en lumière flottante de la rue Parc.

Du soleil crémeux de 17h. De la brise rosée de 6h30. Du pollen partout. Pis des lumières de Noël pour illuminer les BBQ.

Heureuse du vernis à la marmelade sur mes doigts. Des grilled-cheese gras. De la bière à la framboise. Des robes courtes enfin. Pis de la camomille qui pousse silencieusement à travers mes élèves splendides et survoltés.

Heureuse d’appartenir à la mouvance du monde. Au respire d’un groupe. À quelque chose de beau. D’important. Qui est né d’une énergie commune, d’un besoin d'atteindre ce qui vit là où les mots ne trouvent ni racines, ni raisons d’être. Là où le besoin de s'exprimer touche l’intuition et frôle l'énergie des corps et des liens…

Le dimanche surtout. Dans le soleil du Vieux-Port. Ces temps-ci dans le vatta du Klima. Et dans toute l'année aussi, rien n'a été plus valorisant et doux que d'appartenir à un clan. À celui-là particulièrement. De me rouler à terre les yeux fermés, de me casser en mille miettes, de me relever, de le refaire, d'être émotive, incertaine, mais de lever quand même les yeux loin derrière le gris et le centre-ville.

J'ai adoré tous les dimanches de l'année, habillée en vieux jogging, à suer ma vie pendant que tout le monde brunchait. Il y avait dans ces moments le réconfort d'être libre et entière.  Pis fuck les comptes. Pis fuck le fake. On danse comme on vit paraîtrait...


Souvent, du côté, les filles de mon clan, je les ai regardées danser...Un tremplin, une balise, un rebond, une sécurité, une joie, une bénédiction. Elles sont magnifiques quand elles dansent, mais elles sont splendides dans la vie. Dix filles qui valent cent fois mille piasses. Dix filles en or qui dansent avec tout ce qu'il y a de magnétique et d'unique en elles.

La danse, c’est aussi toutes celles qui l’habite, et toutes celles qui autour et ensemble se donne du courage et de l’audace et il y a quelque chose de beau qui s'est construit dans nos mouvements à l'unisson, à l'envers et en canon. Dans nos duos et nos niaiseries.

Je n'aurais pas pu espérer une migration plus réussie, ni un mouvement plus ample ou un clan qui soit différent ou plus magnifique.






mardi 22 mai 2012

Pendant que les champs brûlent


Pendant que les champs brûlent aux coins des rues, un peuple se lève. Une révolte gronde contre l'inacceptable et l'oppression.

Il y a eu le silence et la lumière, les masques, la nudité, l'art, les freezes, les slogans, les marches longues et les révoltes de casseroles contre les couillons et leurs décisions bidons. Il a y eu 100 jours de grève, le 22 mars d'immense soleil, le 22 mai d'averse têtue qui s'est tue à 2h tapante. Il y a eu les lois spécialement connes avec au moins 78 raisons valables de ne pas les respecter. 

Alors qu'ils n'en voulaient pas plus de 50 agglutinés, c'est 250 000 québécois qui ont relevé la tête pour supporter et soulever le Québec. Pour porter le questionnement au-delà des frontières géographiques et des barricades idéologiques.

Présentement, vous enseignez à mes élèves ce qui, je le crois sincèrement, fortifie une jeunesse et favorise l'émergence de la pensée critique. Et je peux vous dire que dans la micro-communauté qu'est ma classe, le débat tend majoritairement à l'émergence d'une société plus juste et à l'appui de votre cause. À 9 ans, on a pas "envie de croire" que le monde porte l'avenir que l'on mérite, on en est certain. Ils croient sincèrement en vous et votre révolte, ils la trouvent légitime, légale, banale et presque jolie comme un jeu. 

 Je vous le dit, parce que ce que vous faites, ces temps-ci, c'est aussi pour eux. Et, je vous assure, ils méritent cet acharnement, cette volonté de faire mieux et de grandir instruit. 

Je vous le dit, il porte le carré rouge. En miniature. Avec des brillants dessus. Et même des capes de papier rouge sur leurs petites épaules menues. S'ils en avaient l'occasion, ils vous diraient merci de penser à eux aussi. De prendre le risque de briser la loi et d'enflammer les discussions. Sans aucun doute, ils méritent qu'on tienne tête à un gouvernement qui n'a visiblement pas intégré certaines des compétences disciplinaires prescrites (PFEQ, 2002)  par son propre programme de formation des écoles québécoises. Compétences que doivent maîtriser les enfants de chez-nous. Notamment, en Éthique et culture religieuse, on retrouve les compétences DIALOGUER et RÉFLÉCHIR SUR DES QUESTIONS ÉTHIQUES. Perso, Charest, je le ferais échouer sur un chaud temps.

Alors que je me suis startée un atelier de bricolage de feutrine rouge dans ma classe et que les hélicoptères bercent mes nuits. Alors qu'il y a le feu aux poudres et que les lettres d'opinions grillent toutes les tribunes. Alors que le jour se lève sur l'avenir de notre jeunesse, jamais je n'ai été plus fière d'enseigner les mathématiques et les sciences et de faire de la gestion de crise (oui! Comme dans gère donc ta crise comme on le fait à l'école le grand. Là-dedans, tu représentes l'adulte qui DOIT intervenir). Du haut de ma classe, je vous entend valoriser un idéal collectif qui depuis ce printemps érable m'apparaît revendiqué comme un bien commun fondamental à une société en santé.

Patriotes, affirmez-vous. Étudiants, enseignez la solidarité des idées porteuses et des luttes qui protègent le bon sens. L'identité de notre Québec passe actuellement par votre  grève pacifique et vos espoirs partagés.

Manifestez. Manifestez s'il vous plaît. Tant qu'il vous plaira. Tant qu'il le faudra. Soyez dans les rues et surtout n'oubliez plus ce Québec qui mérite une révolte sociale et un soulèvement solidaire. N'oubliez pas qu'il y a demain, et encore toute une histoire neuve que vous créez actuellement. Dans ce printemps où même la douceur du temps semble appeler aux rassemblements, il faut poursuivre le chemin.

Québécois, merci d'élever vos voix. Québécois, soyez fiers de cet acte de courage et d'intelligence qu'est la contestation. 

mercredi 16 mai 2012

Lilas et électro


Le vent et les oiseaux tropicaux dans la petite chambre grise de voiles et de calme. Les yeux fermés et l’esprit juste à demi-pesant. Plus savoir où on est vraiment. Douter que c’est la ville là, en dehors, là, quelque part. Se sentir à la mer, à la dérive, à l’abris, à l’écart de ses propres solitudes dans les draps frais, dans le désordre des lampions qui se sont éteints à l’aube et des idées déposées quelque part sur le bois, à travers Chateaubriand, les colliers cheaps et les cartes des anges encourageantes.

Tant de petites bienveillantes dans les astres interrogés et les efforts faits pour trouver sa place et son lieu. Les rues de béton et de lumière parfaite, les lilas et les pommiers qui sentent la poudre de bébé et le souffle des fées, comme des bouquets d’intense joie accrochés aux journées. Les soirées arabes qui lèvent ben trop et les arc-en-ciels dans la bruine. Le monde smat pour rien et toutes les nouvelles chorégraphies. Tout ce qui s’enligne finalement. Tout ce qui s’enchaîne et et termine enfin…

Et se sentir enfin chez soi au bout des km qui n’est finissaient plus de s’enrubaner sous mes petites chaussures, qui trop longtemps avaient marché autour du bassin pas d’eau du Parc Lafontaine pas d’eau. Soudainement, ce lieu s’est magnifié dans la renaissance splendide d’apéros festifs et lumineux, de 5 à 7 de gazon et de petite frette de plein air et de pleine ville, de brins de jasette pis de grandes conversations dans la brunante tendre des débuts d’histoires et de saison.

Se sentir vivant du dedans comme au son enfin révolu d’Active child. Une fois à la SAT cet hiver, je l’avais vu, mais sans l’écouter assez. Bref, Active Child, direct dans le coeur comme un nouveau crush. Imagine, un grand gars roux et sexe qui joue de la harpe électro, avec une genre d’influence de Loreena McKennit en background. Magnifique si vous connaissez pas. À découvrir ici.

Enfin, le sentiment de rentrer à la maison quand je vois en haut de ma rue six lettres plus importantes qu’avant, qui intitulent mon quotidien et mon chez moi.

Encore un peu trop entre Montréal et Qc. Un bus. Mille jobines. Trop d’amis dans la distance. Trop d’ennuie en leur absence. Beaucoup de joie dans les rencontres nouvelles et de liens qui se tissent dans la délicatesse de la joie. Encore entre deux eaux. Entre deux vies que j’aime et qui m’animent, qui s’emboîtent pas super bien, mais qui me font plaisir à vivre…Dans ce pivot et ce vivotement, j’ai quand même appris quelque chose d’important.

Chez moi se sera nulle part et ça pourrait être partout à la fois…

Se sentir chez soi, c’est se donner assez d’importance pour s’imposer dans le paysage qu’on a le goût de se créer. C’est savoir être assez nomade pour suivre la route qui nous mène là où on imagine l’oasis parfait et l’exil souverain. Toujours plus près que l’on croit. Là, s'installer dans nos latitudes intérieures et nos horizons infinis. Là, se déposer dans nos contradictions, et nos empressements, et dans toutes les débâcles et les miracles qui nous habitent. Et se sentir chez soi, finalement. Enfin.



dimanche 15 avril 2012

Magnolias



Quand les magnolias sont en fleurs, les filles comme moi sont heureuses et boivent du vin blanc en canette l’air de rien, en marchant sur Sherbrooke, avec des chansons d’amour dans les oreilles, quelque chose qui pétille comme de l’orange crush dans le coeur et des robes de soie sur leurs jambes douces…

Quand les magnolias sont en fleurs, les journées sont moins longues, le vert des bourgeons est émouvant, les chats sortent des gouttières l’air de faire un peu moins dure, les muguets et les hydrangés percent la neige et la scrap laissée par la débâcle.

Quand les magnolias sont en fleurs, les 78 petits pots de laitues, de marguerites et de radis plantés par les toutes petites vies qui passent par ma classe ont l’air de rien encore, mais bientôt, ces semis-là seront une forêt et un trésor, un jardin minuscule dans le centre-ville, une bébé-serre entretenue par des mains d’enfants bienveillants , le semblant de cour qu’on a pas dans le parking de McGill, une fierté personnelle sur tout le bitume de la cité.

Quand les magnolias sont en fleurs, les fenêtres sont grandes ouvertes, toujours. Les ondes voyagent plus et les idées viennent mieux. Les filles comme moi arrêtent enfin de tout vouloir changer dans leur vie et décident de la vivre un peu plus. D’aimer le pâté chinois, d’arrêter de se raconter des histoires, de danser plus, de recommencer à dessiner, d’acheter des billets d'avion pour la Bosnie et de faire à leur tête en se crissant ben du reste.

Quand les magnolias sont en fleur, l’air du temps tourne sud sud-est et le vent sent la mer et le gâteau à la vanille.

Si la nature a eu le courage et l’idée de créer un arbre  comme un poème, avec des fleurs blanches comme la crème et rose comme les voeux des petites filles. Un arbre avec des fleurs de porcelaine qui viennent avant toutes les feuilles et les nuages, ben il doit bien y avoir quelque chose d’aussi joli-à-vous-couper-le-souffle qui nous attend au bout d’une rue ou d’une journée…quelque part, là. Proche.

Quand je vois les magnolias en fleur sur Sherbrooke, juste à côté du métro,  je me dis plus rien. Je suis juste émue. Reconnaissante. Amoureuse pour une minute. Heureuse pour une heure. Contemplative et comblée.